Ven 1 Mai - 15:41

Les Sorceleurs


Les sorceleurs, appelés sourceliens au sud de la Iaruga, sont des mutants, des hommes et des femmes modifiés par des expériences magiques et alchimiques afin d’en faire des guerriers surhumains capables de protéger leurs semblables des nombreux dangers qui peuplent le continent. Dotés de capacités hors normes, de sens aiguisés et d’une maîtrise du combat prodigieuse, les sorceleurs sont autant craints que respectés par leurs pairs, de l’humble paysan à l'orgueilleux seigneur.
Les créateurs des sorceleurs les ayant jadis pensés comme des armes censées servir froidement et aveuglément leurs désirs, ceux-ci ont néanmoins échoué dans leur tâche car ils ne parvinrent jamais à gommer les traits de personnalité ou les pensées propres de ces individus passés de l’état d’homme à celui de mutant. Pourvus d’une conscience que beaucoup auraient préféré absente, les sorceleurs ont gagné en autonomie jusqu’à fonder des confréries indépendantes à l’écart des sociétés humaines. De la diversité morale et philosophique qui sépare ces confréries, les différentes communautés de sorceleurs ont été vues tantôt comme des mercenaires, des professionnels dont la tâche était de protéger leurs semblables des affres de la Conjonction des Sphères ou de vulgaires meurtriers et assassins pour lesquels seules comptaient leur adresse au combat et leur apathie légendaire.
Avec l’évolution des sociétés humains, passées de fébriles tribus à de puissants royaumes dotés de remparts et d’armées professionnelles, les sorceleurs ont peu à peu perdu de leur nécessité primordiale jusqu’à manquer de disparaître à l’aube du XIVe siècle. Ils étaient alors considérés comme les reliques obsolètes d’un passé lointain bien que leurs légendes furent toujours entretenues par des bardes éloquents - à l’image du célèbre poète Jaskier qui contait à ses contemporains les aventures du célèbre Loup Blanc - sinon par des érudits curieux ou autres collectionneurs de vedyminaïca - c’est-à-dire les objets touchant au métier de chasseur de monstres : médaillons, glaives, accessoires alchimiques, etc.
Si les sorceleurs auraient pu disparaître sans un bruit de la surface de la terre, leur réapparition progressive au cours du XVe siècle sonna la fin de ce que les historiens appellent « l’âge des Ténèbres » et l'avènement de ce que nos contemporains nomment déjà « La Renaissance ».


Brève histoire des sorceleurs


Les Origines


Lorsque les humains arrivèrent sur le continent, ils se trouvèrent faibles, vulnérables et désorientés face à leur nouvel et hostile environnement. Les races anciennes dominaient alors les terres connues tandis que les espaces qu’ils avaient délaissés grouillaient de monstruosités nocives à l’existence de toute race. Dénués de l’instinct guerrier et du savoir des autres civilisations, les humains apparaissaient comme des proies faciles aux abominations de la Conjonction des Sphères. Néanmoins convaincus qu’ils étaient la race dominante du monde, les hommes étaient cependant impuissants face au prédateur dans son environnement naturel, aveugles la nuit et incapables de défendre leur maisonnée pleine de vieillards et d’enfants. Puisqu’ils avaient besoin d’individus spécialement formés à la défense de leurs communautés et parce que les tours de guet et les armes conventionnelles ne suffisaient pas, les érudits et décideurs qu’étaient les sorciers créèrent les célèbres sorceleurs pour qu’ils puissent protéger les leurs de ces menaces prédatrices.
Le procédé qui permit à ces sorciers de donner vie aux premiers tueurs de monstres est resté pendant des âges entiers sous le sceau du secret du fait des nombreuses et évidentes atrocités nécessaires à la transformation d’un homme en mutant. Ce secret lourdement gardé, autant par les créateurs que par les créatures elles-même, est entretenu par les affabulations et le mysticisme des érudits à travers les siècles qui ont tous prétendu en avoir percé les mystères.

Durant le premier âge suivant l’arrivée des hommes, les sorceleurs étaient alors les principales armes des sociétés humaines. Ils veillaient à la défense des cités, à l’escorte des caravanes marchandes, à l’épuration des zones dans lesquelles les colons s’installaient et à l’annihilation de toute espèce menaçant l’apogée de la race humaine. Cependant, avec l’essor de la civilisation des hommes, les petits hameaux se changèrent en cités fortifiées et les tours de guet devinrent de puissants avant-postes capables de satisfaire leur propre défense et les tribus, conquérant de plus en plus de territoires, devinrent de larges royaumes qui se diversifièrent de par leurs cultures et leurs intérêts antagonistes. Les riches seigneurs furent ainsi capables de lever des armées suffisantes pour venir à bout de la majorité des dangers que la Conjonction des Sphères avait engendrés, sinon pour affronter les troupes des nations voisines, perdant progressivement la dépendance qu’ils entretenaient vis-à-vis des sorceleurs. Face à ce bouleversement sociétal, ces derniers furent peu à peu délestés de leurs prérogatives de protecteurs et devinrent de simples chasseurs de monstres, battant les chemins à la recherche de primes et de contrats pour leur permettre de subsister dans un monde qui leur devenait de plus en plus inaccessible.


La Purge



« En vérité, nul estre est plus vil que ces monstres contre nature, lesdicts sorceleurs, car ceux-cy sont le fruit d'abjectes sorcelerie et diablerie. »

— Anonyme, Monstrum ou de la description d'un sorceleur



C’est à l’écart des sociétés humaines que les sorceleurs ont commencé à se rassembler et à fonder leurs propres confréries dont les noms étaient rattachés à ceux d’animaux, comme le Loup, la Vipère ou l’Ours. Chacune de ces guildes obéissait à des préceptes propres et à des philosophies variables. Si elles pouvaient se rejoindre sur bien des principes, il existait des rivalités entre certaines écoles qui observaient avec médisance le fait qu’un sorceleur puisse s’écarter de ce pourquoi il avait été originellement créé et devenir un mercenaire sinon un assassin à la solde de seigneurs ou de magiciens malveillants. De ce fait, et parce que l’origine de ces confréries étaient pour beaucoup un secret, les sorceleurs dans leur ensemble furent bientôt perçus comme des tueurs à gages sans scrupule et sans honneur, un ordre dégénéré et dangereux pour l’ordre public.
Se faisant, nombreux furent les mécontents, les indigents et les oubliés à rejeter leurs accusations sur les chasseurs de monstres, alimentés par leur haine de ce qui n’est pas humain et leur crainte de l’inexplicable. Certains seigneurs, qui observaient d’un mauvais oeil le fait qu’un bastion de sorceleurs puisse exister sur leurs terres et présenter une force armée capable à tout instant de venir menacer l’ordre établi, participèrent au courant de calomnies à l’encontre des chasseurs de monstres et entretinrent la haine que les peuples vouaient à leur égard. Les sorceleurs furent alors accusés de nombreux vices et méfaits, comme celui de kidnapper les enfants, de violer les femmes, de massacrer les innocents et de pratiquer la magie noire tout en crachant sur ce qui était sacré à l’égard des peuples. Un bon nombre de ces accusations se retrouvent dans le célèbre pamphlet anonyme « Monstrum ou de la description d'un sorceleur  » qui fût très largement copié et diffusé à travers les Royaumes du nord à une période où ces derniers étaient sujets à la vindicte populaire.
C’est dans ce climat de méfiance à l’égard des chasseurs de monstres que les confréries furent peu à peu décimées. La plupart des forteresses des sorceleurs furent assiégées par les armées coalisées de plusieurs seigneurs tandis que certaines furent prises d’assaut par des hordes de paysans et de petites gens. Aussi, il est fait état d’un bastion entier de chasseurs de monstres qui fut traduit devant une cour de justice corrompue. Quelle qu’en soit la méthode, la sentence fut partout la même : les sorceleurs étaient condamnés à la disparition alors que les secrets de leur création avaient été détruits lors des affrontements.


L’Oubli


Malgré la destruction de leurs confréries à la charnière entre le XIIe et le XIIIe siècle lors des épisodes sanglants de la Purge, les sorceleurs ont continué à vivre en petites communautés sédentaires ou nomades tout en se revendiquant de l’héritage d’une des écoles officiellement disparues. S’ils étaient toujours présents sur les routes ou convoqués dans des conditions extraordinaires pour le besoin de certains puissants, les sorceleurs étaient conscients de leur déclin. Du fait de leur nombre réduit et de la perte de leurs précieuses forteresses, ils n’étaient plus nulle part à l’abri de la vindicte des hommes ou des créatures errantes. De plus, leurs faibles capacités de recrutement et la perte des secrets de la mutation les empêchant d’engendrer de nouveaux chasseurs de monstres, ces groupes étaient condamnés à une existence éphémère. Enfin, l’apparition de groupuscules armés et la multiplication des vocations chez de fougueux aventuriers en quête de gloire proposèrent bientôt une alternative moins onéreuse et jugée plus morale par le commun des mortels. Cela étant, les sorceleurs se heurtèrent à la concurrence de ces derniers au moment où les populations monstrueuses ne cessaient de décroitre après des siècles et des siècles de chasse aux monstres, rendant leur travail toujours plus rare au fil des jours.
S’adaptant à ce nouveau climat, certains sorceleurs étaient prêts à de nombreux sacrifices dans le vain espoir de voir renaître leur confrérie d’antan. C’est notamment le cas des honnis Tueurs de Rois qui, selon certaines sources, auraient accepté de devenir des régicides moyennant la reconstruction de l’école de la Vipère. C’est après la mort du Grand-Maître de l’école du Loup au cours de la Troisième Guerre que les chroniques royales cessèrent de faire officiellement mention des sorceleurs et de leurs écoles. Cela étant, il est toutefois encore fait état de mutants chasseurs de monstres à travers de sporadiques témoignages émanant des quatre coins du continent.

Si les sorceleurs manquèrent de disparaître durant cette période que leurs mémoires désignent comme « l’Oubli », ceux-ci continuaient d’alimenter le folklore et les légendes de nombreuses populations. Leur puissance légendaire était aussi convoitée par des sorciers et des scientifiques mal-intentionnés qui cherchaient encore et toujours un moyen de percer les secrets ancestraux de leur mutation pour ensuite se constituer une armée privée de mutants obéissants. De ces tentatives, l’on retient les expériences du mage Ireneus var Steingard sur le sorceleur Kiyan, sinon la tentative de putsch de Jacques d’Aldersberg qui, aidé d’une compagnie d’horribles mutants sanguinaires créés par le sorcier renégat Azar Javed, voulu prendre le pouvoir en Témérie. Si ces expérimentations cherchaient à perfectionner les erreurs des premiers mutants, aucune d’entre elles ne parvint néanmoins à produire de résultat concluant ou dont les spécimens s’étaient avérés viables.


La Renaissance


Les nombreux conflits meurtriers qui animent les XIVe et XVe siècles voient la recrudescence de phénomènes monstrueux que les monarques peinent à endiguer en l’absence de réels professionnels. Si les aventuriers solitaires, les chasseurs royaux, les unités d’élites et les forces de l’inquisition parviennent sans heurt à purger les terres des nécrophages qui pullulent dans les charniers et les cimetières, les monstres sont le plus généralement traités en surface et leur prolifération continue de menacer les civilisations humaines. La disparition des sorceleurs commence à se faire ressentir, tant et si bien que la démographie monstrueuse connaît alors un essor sans précédent.

La quête qui était celle de nombreux magiciens et scientifiques isolés à la recherche d’un moyen d'exhumer le secret de la mutation des sorceleurs devient alors une affaire d’état, impliquant de plus larges moyens et une attention toute particulière de certains cercles politiques. La véritable avancée dans le domaine se fait en Kovir, sous le mandat du grand-pensionnaire Stefan Jafaharro qui, à la discrétion de ses contemporains, parvint à reconstituer le protocole de création des chasseurs de monstres au gré de nombreuses et terrifiantes expérimentations. Comme une pareille entreprise nécessitait autant de chercheurs que de cobayes, de nombreuses rumeurs firent état de l’implication du parlement koviri dans le scandale des enfants disparus de Lan Exeter durant l’hiver 1371. Des orphelins et enfants abandonnés étaient alors sujets à d’étranges disparitions avant que ne vienne le tour d’enfants issus de castes plus privilégiées qui étaient, tour à tour, retrouvés éventrés dans les caniveaux de la capitale hivernale. Si les scandales furent rapidement étouffés par les hautes instances du Kovir, les derniers détracteurs durent s’incliner face à la réussite de l’entreprise de Jafaharro et la réformation de la première école de sorceleurs depuis des siècles. C’est dès lors que l’on commença à parler d’une « Renaissance », terme qui servit dans le même temps délimiter la nouvelle ère historique dans laquelle s’engouffrait les civilisations humaines.
Au delà du tour de force du grand-pensionnaire qui parvint à redonner naissance à des artefacts que l’on pensait disparus à jamais, les sorceleurs de cette nouvelle école du Chat obéissaient désormais à une nouvelle philosophie se révélant en accord avec les objectifs personnels de leur créateur. Jafaharro utilisait alors cette nouvelle génération de sorceleurs comme une arme politique au service de ses propres ambitions, n’hésitant pas à s’en servir comme des hommes de main à sa seule solde. Ce n’est qu’après sa mort que les sorceleurs recouvrèrent leur indépendance historique. Cette autonomie fut gagnée au prix d’une terrible guerre intestine opposant une plus large population koviri que les seuls tueurs de monstres qui ne savaient alors plus quel sens donner à leur existence après la disparition de leur créateur. Certains mages, voyant d’un mauvais œil la doctrine toute personnelle que le grand-pensionnaire avait inculqué à ses créatures, se joignirent aux bourgeois et aux aristocrates mécontents dans le but de redonner à la confrérie des chasseurs de monstres leur philosophie originelle. Ainsi l’école du Chat fut le théâtre de luttes d’intérêts qui scindèrent son ordre. Ceux qui restèrent en Kovir sous la protection du roi Friedriech Thyssen créérent sur les cendres fumantes de leur ancienne école la confrérie du Griffon qui devait retrouver son indépendance politique et agir au nom de la sauvegarde des hommes contre les monstruosités du monde connu. Les mutants vaincus et exilés, quant à eux, adoptèrent un mode de vie nomade tout en préservant leur identité de sorceleurs de la confrérie du Chat.

Depuis ces événements, les sorceleurs des deux écoles ont repris leur activité, battant les chemins à la recherche de contrats. Si les tensions entre ces confréries restent palpables, l’impact que cette nouvelle génération de sorceleurs a eu sur les civilisations du continent a marqué de son empreinte l’ensemble du XVe siècle.

Devenir Sorceleur


Recrutement


Les sorceleurs étant des êtres stériles du fait des mutations qu’ils subissent au cours de l’épreuve des herbes, il leur est impossible d’engendrer un héritier à qui transmettre leur vocation. Malgré cela, les chasseurs de monstres ne sont pas moins aliénés de la volonté de partager leur savoir-faire et d’ainsi voir leur profession se pérenniser au fil des âges. Ils ont alors recours au recrutement pour assurer la prospérité de leur art et de leur école.

De nombreuses accusations issues de la rumeur populaire présentent le recrutement des sorceleurs comme usant du kidnapping et du rançonnage. Cette idée étant très largement véhiculée parmi les modestes classes, les femmes et les nourrices ne manquent jamais de cacher leur progéniture lorsqu’un chasseur de monstres se présente à elles. Or, les sorceleurs ne perdent pas leur temps avec de telles méthodes. En outre, ils préfèrent habituellement s’assurer de la bonne constitution d’un potentiel candidat plutôt que de le promettre au trépas de leurs terribles épreuves.

Leur recrutement se fait selon deux grands modèles qui doivent assurer la pérennité de leur confrérie.
Le premier étant la sélection parmis les orphelins ou les enfants abandonnés, jetant leur dévolu sur de jeunes garçons pour la plupart, qu’ils jugent comme les plus vigoureux. Dans le cas d’un recrutement effectué au sein d’un orphelinat ou d’un pensionnat, il est courant que ces derniers s’acquittent d’un paiement souvent laissé à la discrétion des propriétaires du lieu. La sélection de jeunes disciples parmi les enfants qui sont abandonnés à la rue par leurs parents est de fait bien plus exceptionnelle car plus hasardeuse.
La seconde méthode de recrutement, bien plus rare que la précédente, est le don. Parfois préféré au simple abandon, le don d’un enfant à une école de sorceleurs est l’échange d’un rejeton contre un service ou un paiement. Si ce dernier est généralement monnayé pour que ses parents ou ses tuteurs puissent s’assurer une subsistance éphémère, il est parfois donné dans l’espoir de lui promettre une existence loin de la misère.

Aussi, il serait fâcheux d’ommettre le « droit de surprise ». Cette pratique ancestrale consiste, lors du paiement d’une dette, à ce que le sorceleur exige de son débiteur « la surprise qu’il trouvera en regagnant son foyer ». En de rares occasions, cette surprise peut s’avérer être un enfant. Si celui-ci, et non ses parents impuissants, accepte son statut, ce serment est attesté et « l’enfant-surprise » devient alors lié au sorceleur par le destin. À ce moment-là, il est convenu que le sorceleur forme l’enfant à l’art de la chasse aux monstres.


Les Épreuves


Devenir sorceleur se fait à travers une série d’épreuves mortelles qui déconstruisent l’être fragile et impotent pour le forger en un parfait tueur de monstres.
Dans un premier temps, l’aspirant doit se plier au « choix ». C’est la décision consciente de l’élève en pleine possession de son être et de son esprit d’accepter ou de refuser sa condition. Ceci fait, il est alors soumis à un régime spécifique constitué d’une ingestion massive de champignons, de mousses et d’herbes censés modifier certaines caractéristiques physiologiques comme le rythme cardiaque, mais aussi décupler les défenses immunitaires et les capacités régénératrices de l’aspirant tout en accélérant sa croissance. Si certains élèves meurent durant cette épreuve, généralement de crise cardiaque ou de défaillance du foie, beaucoup sombrent purement et simplement dans une folie aux tendances sanguinaires avérées. En plus de ce régime spécifique, les jeunes aspirants débutent leurs entraînements aux arts martiaux typiques des sorceleurs dont les cours, souvent prodigués dans des situations à risques peuvent entraîner la mort de l’élève. Enfin, la monstrologie, les bases de l’alchimie et de la magie des signes, ainsi que des rudiments ésotériques nécessaires à la levée d’une malédiction, leur sont aussi enseignés à cette étape de leur formation.
Si l’élève parvient cependant à passer le « choix » en pleine possession de ses moyens, tant physiques que mentaux, il doit alors passer la célèbre « épreuve des herbes ». Durant celle-ci, l'apprenti chasseur de monstres se voit inoculer plusieurs décoctions aux effets divers, telles que « les Larmes maternelles », « le Jus d’Elymus » ou « la Sève de Graminée ». La première batterie d’injection déconstruit l’enveloppe corporelle, ainsi recréée par les injections suivantes. Au total, l'épreuve dure jusqu’à une semaine si le sujet survit, durant laquelle ce dernier souffre mille-et-un martyrs. Rares sont les élus à passer cette épreuve puisqu’il est dit que seuls trois élèves sur dix y survivent, mais en retour, les jeunes apprentis gagnent des caractéristiques physiques hors-normes dont leurs célèbres pupilles fendues.
La troisième épreuve est celle dite du « rêve » et n’est en réalité qu’une résultante de l’épreuve précédente. Durant les semaines qui suivent « l’épreuve des herbes », les jeunes aspirants sont soumis à de nombreuses mutations et rejets qui parachèvent la transformation de leur corps. C’est à cette étape qu’ils acquièrent leur vision perçante et nyctalope, le renforcement de leur moelle osseuse et, de par le bouleversement hormonal suscité, leur stérilité.
Ainsi, si l’élève survit à travers chacune de ces épreuves mortelles, il peut poursuivre sa formation de sorceleur jusqu’à ce que ses maîtres le jugent digne de passer l’épreuve de « la montagne » qui, plus qu’une épreuve, est un véritable examen final de ses capacités. Durant une immersion forcée, l’aspirant devra prouver ses aptitudes au combat, la bonne réutilisation des nombreuses notions alchimiques, de ses connaissances des monstres et de la magie des signes pour triompher et ainsi obtenir son médaillon de sorceleur. Cette étape parachève l’écrémage des novices qui, généralement envoyés par deux au devant de cette ultime épreuve, ne voit habituellement revenir que l’un de ses deux candidats.


Être Sorceleur


Physique


La longue formation de chasseur de monstres laisse sur l’individu des marques indélébiles. Premièrement, et parce qu’elle est l’une des caractéristiques les plus frappantes et les plus fantasmées des sorceleurs, leurs pupilles fendues, à la manière de celle des chats ou des reptiles, traversent leurs yeux dont l’iris est le plus souvent de couleur jaunâtre ou orangée. De plus, leur teint cadavérique, leur voix généralement morte sinon monocorde et leur batterie de cicatrices, balafres ou déformations osseuses, dont la liste ne fait que s'allonger à mesure de la longévité de leur carrière, sont autant de signes distinctifs qui permettent de différencier le mutant des hommes. Ces caractères inhumains peuvent se trouver décuplés lorsque les sorceleurs ingèrent des potions, faisant ressortir la monstruosité de leurs traits, dilatant leurs affreuses veines proéminentes sous leur peau d’albâtre et injectant leurs yeux bestiaux de sang qui n’a d’humain que la couleur.

Au delà des apparences et de leur stérilité notable, les mutations offrent des avantages certains aux tueurs de monstres qui se retrouvent immunisés face aux maladies et à la plupart des poisons. Les sorceleurs ont aussi une meilleure vue qui leur permet de voir plus loin et avec plus de précision qu’un humain lambda. Leurs pupilles étant capables de se dilater pour mieux percevoir la lumière, ils disposent d’un don de nyctalopie qui leur permet de voir dans la pénombre. Les sorceleurs sont extrêmement sensibles ; ils ont une ouïe plus fine, un odorat plus puissant et une sensibilité accrue qui les rend particulièrement vulnérables à la douleur. En effet, l’on ne peut pas torturer un sorceleur ; celui-ci finit toujours par succomber face aux sévices qu’un bourreau peu scrupuleux lui infligerait. Cette hypersensibilité physiologique les rend tout aussi ébranlables aux effets de certains psychotropes.
De fait, le rythme cardiaque des sorceleurs est trois à quatre fois plus lent que celui d’un humain. Si la plupart des toxines circulent ainsi à vitesse réduite dans l’organisme d’un sorceleur, cela permet à leur système immunitaire de pouvoir agir avant les premiers effets incapacitants. Cette spécificité explique aussi bien leur résilience face aux maladies et à divers poisons que leur résistance aux effets de l’alcool. Cependant, les psychotropes aux effets immédiats, tel que le fisstech, peuvent être extrêmement dangereux pour les mutants qui risqueraient de faire saturer leurs connexions nerveuses en un battement de cil.
Aussi, leur métabolisme plus lent que celui d’un homme influe sur leur vieillissement et, de fait, sur leur longévité. Si l’on n’a jamais pu constater chez les sorceleurs de décès par cause naturelle et donc d’en définir une espérance de vie, les plus vieux chasseurs de monstres ont été en activité pendant plus d’un siècle. Cela étant, et comme le veut l’adage, « celui qui vit par le glaive meurt par le glaive », l’on suppose que les sorceleurs meurent tous l’épée à la main ou des suites de blessures particulièrement graves.

Les sorceleurs sont aussi réputés pour être des amants hors norme, leur virilité étant très appréciée auprès de la gente féminine mais pouvant attirer la jalousie sinon la méfiance des autres hommes qui n’hésitent pas à faire enfermer leur femme lorsqu’un chasseur de monstres se présente sur le pas de leur porte. Certaines rumeurs, propagées par des commères, racontent que le simple toucher des sorceleurs serait capable de procurer d’enivrants fourmillements le long de chacune de leurs caresses. Si elles sont plus rares, il se raconte des légendes similaires au sujet des sorceleuses bien que peu de partis aient généralement l’audace de leur faire des avances.


Psychologie


Il est difficile de pénétrer la psychologie des sorceleurs. Ces derniers présentent des caractères divers et s’étalant sur un spectre qu’il aurait été impensable d’imaginer pour de telles créatures. Aussi, l’expression de leurs émotions, capacité qui devait leur être interdite, force nombre de sorceleurs dans l'embarras d’un flux de sensations qu’ils sont incapables de comprendre et de maîtriser. Ces émotions se retrouvent alors exprimées de façon maladroite sinon apathique, voire bestiale. Cette incompréhension fait d’eux des êtres que l’on dit insensibles et, de fait, inhumains.

Traumatisés par les épreuves tortureuses qu’ils ont subis avant de devenir des êtres accomplis, il arrive que les sorceleurs présentent un dégoût envers leur propre nature, sinon envers leurs congénères qui se sont rendus responsables des sévices qu’ils ont subis. Cette aversion amène souvent certains sorceleurs à un état dépressif, s'adonnant à leur profession plus par fatalité que par réel enthousiasme. Il arrive alors que des chasseurs de monstres présentent des névroses bien plus profondes à l’issue des mutations, s’exprimant le plus souvent par un goût prononcé pour la violence, l’immoralité ou encore la luxure. Du fait de leur évidente supériorité, il arrive aussi qu’ils fassent preuve d’une arrogance démesurée face aux situations les plus prosaïques.

Conscients de leur capacité à jouer un rôle déterminant dans les conflits qui se dressent sur leur route, les sorceleurs sont souvent tiraillés face aux dilemmes moraux qui s’offrent à eux, leur vie d’aventurier étant une recherche constante de la réponse qui s’imposerait comme étant « le moindre mal ». C’est pour éviter ces états d’âme que certains sorceleurs se rattachent à un credo, comme le code de neutralité des sorceleurs qui veut qu’aucun chasseur de monstres ne soit jamais partisan dans une affaire politique. D’autres préfèrent quant à eux une idéologie simple qui donne un sens à leur différence, comme « protéger les humains » ou « défendre l'opprimé ». Généralement, la plupart des sorceleurs se rattachent à un code qui leur est propre et qu’ils considèrent comme une forme de conscience professionnelle.


Equipement, alchimie et signes


Le premier atout d’un sorceleur est son armement atypique qui apparaît autant comme un signe distinctif de leur profession que comme le matériel nécessaire pour mener à bien un contrat. De cet armement se dégagent deux épées qui sont usuellement utilisées dans des circonstances précises. La première, faite d’acier de météorite, est utilisée dans les situations communes face aux races civilisées et autres bêtes du règne animal tandis que la seconde, en argent, est strictement réservée aux engeances de la Conjonction des Sphères, bien souvent sensibles à ce seul métal. Aussi, il est important de signaler que l’argent est extrêmement fragile et que son utilisation répétée l’émousse très rapidement. C’est pour cela que cette épée n’est utilisée qu’avec parcimonie et dégainée généralement dans le seul but d’achever une créature déjà affaiblie à la suite d’un affrontement.
Les épées des sorceleurs, qu’elles soient en acier ou en argent, sont réputées pour être des armes de qualité et d’excellente facture. De fait, elles sont souvent l’oeuvre des plus grands artisans, maîtres dans l’art de la forge, car peu d’entre eux sont capables de modeler l’argent ou l’acier météoritique et de leur donner autant d’équilibre, de légèreté et de tranchant qu’il est nécessaire à un sorceleur.
Les chasseurs de monstres usent aussi d’une arbalète, dont les premières traces d’utilisation par les sorceleurs remontent à la fin du XIIIe siècle, ou d’un pistolet à rouet, récemment popularisé à la suite de la Quatrième Guerre. Comme avec leurs épées, les sorceleurs savent utiliser des munitions différentes en fonction de la nature de leur cible, qu’il soit question de carreaux ou de balles. Ces armes permettent aux sorceleurs de gérer les situations de combat à distance pour garder un adversaire éloigné ou pour le forcer au contact, et ont largement démontré leur efficacité pour endommager les délicates membranes d’une créature ailée.
Au delà de ces armes classiques et répandues, bien des sorceleurs disposent de leur propre arsenal. Certains aiment sortir des sentiers battus pour se battre avec des lames plus souples ou moins répandues tels que des tulwars, des sabres ou des katanas. D’autres encore font usage d’accessoires qui peuvent se révéler utiles face à certains monstres, comme ce peut être le cas de la chaîne en argent, sinon à des pièges plus ou moins élaborés. En revanche, tous les sorceleurs ont un traditionnel crochet, accroché à leur ceinture ou à la selle de leur monture, pour exhiber un trophée fraîchement récolté.

L’un des arts principaux du sorceleur, puisqu’il fait partie intégrante autant de son apprentissage que des épreuves qu’il subit lors de sa formation, est l’alchimie. Les compétences d’un sorceleur dans ce domaine lui permettent d’exploiter un large panel de filtres, potions et autres décoctions, mais aussi des huiles dont ils enduisent leurs armes et qui leur prêtent des propriétés uniques pouvant, entre autre, grièvement empoisonner certaines créatures, enflammer leur lame ou toucher les créatures éthérées.
Dans les nombreuses créations alchimiques à l’usage des sorceleurs l’on retrouve des potions utilisées pour guérir leurs blessures, des décoctions leur permettant d’accroître certaines de leurs capacités déjà surhumaines ou encore des antidotes capables de prémunir de toxines autrement mortelles. Cependant, ces préparations étant extrêmement violentes pour tout organisme, elles sont létales pour un être humain et restent hautement toxiques pour les sorceleurs eux-mêmes. Un chasseur de monstre consommant sans modération de tels mélanges risque lui aussi une overdose pouvant lui être fatale.
Aussi, la manipulation d’éléments alchimiques ne se limite pas à de simples flasques pouvant être ingurgitées puisque les connaissances des sorceleurs leur permettent aussi de fabriquer des bombes. Ces explosifs servent leurs desseins contre des cibles spécifiques et peuvent dégager des nuages gazeux aux effets multiples, ou expulser des éclats de métal pouvant gravement blesser ou incapaciter un adversaire.

Enfin, il existe un dernier atout dans la manche des chasseurs de monstres : les signes. Formules magiques de très faible complexité, puisque ne nécessitant pas d’incantation autre qu’un simple geste, les signes représentent l’unique art magique dans l'attirail d’un sorceleur. Loin d’égaler la magie complexe des mages et des sorciers, les signes ont cela d’utile pour les chasseurs de monstres qu’ils sont aussi rapides à incanter que simples à apprendre. Ne nécessitant qu’une gestuelle précise de la main et un peu de bonne volonté, les signes sont tellement rudimentaires qu’ils suscitent le mépris des magiciens qui les considèrent à la portée du premier imbécile venu. Cependant, la pratique des signes reste considérée comme de la sorcellerie par de nombreuses institutions.
Parmi les signes usuels des sorceleur, l’on retrouve Aard, une impulsion télékinésique ; Igni, un sort de pyrokinésie basique ; Yrden, un seau piégé pouvant couvrir une large zone ; Quen, un champ de force protecteur ; ou encore Axii, à l’effet hypnotique pouvant calmer, inspirer ou commander un sujet.

Si chaque sorceleur apprend à maîtriser la voie des armes, à créer de puissants élixirs ou à manier la magie des signes, les chasseurs de monstres se spécialisent généralement dans une seule de ces voies pour laquelle ils se trouvent le plus de talent ou d’affinités. En effet, si certains mutants sont parvenus à atteindre un niveau d’escrime inégalable, d’autres se sont montrés tout aussi capables que les plus grands alchimistes d’Oxenfurt à concevoir les plus prestigieux remèdes, tandis que d’autres sorceleurs parvenaient à manier et à créer des signes jusqu’à accomplir des prouesses dignes des meilleurs adeptes d’Aretuza.


Ecoles et confréries


Si bien des confréries de chasseurs de monstres ont existé et disparu, certaines semblent avoir survécu au-delà des légendes tandis que d’autres connaissent une renaissance au début de notre ère. Jadis, les nombreuses écoles qui peuplaient le continent partageaient pour la plupart une même philosophie malgré leur diversités politiques et culturelles. Aujourd’hui, les grandes écoles encore en activité sont nettement plus polarisées et s’opposent sur de nombreuses considérations allant de leur propre condition jusqu’au bien fondé de leurs idéologies. Si d’autres confréries et d’autres chasseurs de monstres peuplent le continent en suivant des voies différentes, tous répondent à l’appel de la Voie.


Ecole du Griffon


Dans les provinces méridionales du Kovir, au sein des escarpements rocailleux de Talgar, se trouve la forteresse de Kaer Seren, le prestigieux bastion de la puissante école du Griffon. Elle rassemble une quarantaine d’âmes, parmi lesquelles l’on distingue une poignée de maîtres, une dizaine de sorceleurs expérimentés et une bonne vingtaine d’apprentis et aspirants. Cette confrérie accorde énormément d’importance autant à la cohésion de son ordre et de sa hiérarchie qu’à la fraternité qui lie chacun de ses membres. Opposés à l’esprit d’individualisme qui a longtemps prévalu au sein des différentes écoles, les sorceleurs du Griffon sont connus pour toujours se déplacer en binôme et le plus souvent un maître accompagnant un apprenti. Ce fonctionnement par paire assure au jeune sorceleur une formation approfondie autant qu’une protection supplémentaire pour ses membres face aux populations parfois hostiles à leur égard.
Au delà de cette particularité, les sorceleurs du Griffon sont aussi reconnaissables par leurs armures lourdes et imposantes, souvent empruntes de l’héritage de la chevalerie nordienne, ainsi que pour leur affinité avec la magie des signes. De nombreux signes ont été créés sinon perfectionnés par les membres de cette école dont les techniques de combats sont un savant mélange de robustes passes d’armes et de sortilèges ravageurs.
Dans le Nord, les sorceleurs de l’école du Griffon sont particulièrement appréciés pour leur déontologie professionnelle, ses membres mettant un point d’honneur à respecter la parole donnée et à n’agir qu’au profit de la sauvegarde de l’espèce humaine contre les monstres et les créatures non-humaines. En plus de cela, ils se refusent à prendre part aux conflits politiques au nom de la sempiternelle neutralité des sorceleurs, même si leur enracinement au Kovir les a amené par le passé à favoriser les intérêts de la couronne thyssenide. Ces considérations sur la neutralité doivent assurer protection à la confrérie et à ses membres en évitant les potentielles représailles de puissances lésées par leur prise de position ; quiconque viendrait à y contrevenir s’exposerait au châtiment de ses pairs.
L’aspect conservateur de l’école du Griffon lui confère une certaine rigidité sur les moeurs et les pratiques de ses membres jusqu’au fonctionnement même de la confrérie. De fait, la plupart de ses sorceleurs ne disposent pas d’un réel libre-arbitre puisqu’ils sont les exécutants des grands maîtres de Kaer Seren qui sont les garants du bon fonctionnement de l’école et de la réalisation de ses plus importants contrats. En effet, les chasseurs de montres du Kovir sont affectés à une zone ou à une mission spécifique durant une période donnée pouvant s’étaler d’une saison à plusieurs années et doivent rendre compte de leur avancée sur la Voie à leur retour hivernal. Lors de ces retrouvailles annuelles, tous les sorceleurs de l’école du Griffon se réunissent à Kaer Seren où se déroulent d’importantes cérémonies - comme l’intronisation des aspirants - qui rythment la vie de cette confrérie. C’est aussi durant ce temps que sont inventorié les menaces et les rumeurs qui sont parvenues jusqu’aux chasseurs de monstres et que sont décidées des affectations de ces derniers.
Aussi, le conservatisme de l’école du Griffon s’exprime dans leur volonté de préserver la pureté de l’héritage des sorceleurs, la confrérie étant désireuse d’éviter la répétition des erreurs passées qui ont conduit la quasi-disparition de leur profession. C’est de cette volonté de conservation qu’il tirent leur aversion pour les sorceleurs de l’école du Chat qu’ils jugent indignes de leur médaillon. La politique de l’école au sujet de ces derniers encourage ses membres à repousser les chasseurs félins, quitte à employer la force, s’ils devaient se croiser sur un même territoire.
Traditionnelle, la confrérie évite le recrutement de jeunes filles qui sont jugées, pour leur grande majorité, comme inaptes à la vie de sorceleur. Cependant, les quelques sorceleuses issues de cette école sont aussi compétentes et respectées que ses autres membres bien qu’elles demeurent une rareté parmi les Griffons.


Ecole du Chat


Les survivants exilés des conflits qui ont suivi la mort de Stefan Jafaharro ont rebâti leur école au delà des frontières du Kovir. D’abord itinérante, la caravane qui constituait le quartier-général de ces sorceleurs du Chat, Dyn Mawr, traversait les régions meridionales des royaumes du Nord et les provinces frontalières du Nilfgaard avant d’obtenir, au fil des contrats, de nombreux pieds-à-terre sur l’ensemble du continent. Véritable nuée sanguinaire qui hante les routes, les membres de l’école du Chat sont réputés pour leurs prouesses martiales décuplées durant les transes meurtrières qui les animent à chaque affrontement.
Il est difficile de quantifier les effectifs de cette confrérie même si l’on estime qu’ils seraient plus nombreux que leurs rivaux de l’école du Griffon. Les sorceleurs de Dyn Mawr voyagent en ordre dispersé, parfois en petits groupes constitués de trois, quatre ou cinq chasseurs de monstres, tandis que certains préfèrent battre seuls les chemins. S’ils vouent tous obéissance à un seul maître, les membres de cette confrérie sont beaucoup plus autonomes et indépendants dans leur fonctionnement autant que dans leur philosophie. Cette dernière se distingue de l’idéal traditionnel des sorceleurs puisqu’elle considère les monstres intelligents comme des créatures à préserver tout en s’autorisant à purger la monstruosité qui se cache dans le coeur des hommes. Aussi, les sorceleurs de l’école du Chat acceptent les contrats partisans et parfois même dérogeants à leur profession comme ce qui peut en être du mercenariat ou des contrats d’assassinat. Enfin, cette confrérie accepte en son sein les hommes et les femmes qu’elle considère sur un pied d’égalité et n’affiche, en règle générale, que peu de restrictions dans leur recrutement. Cette facette de l’école du Chat se transpose à ses membres comme un devoir primordial. En effet, les sorceleurs se doivent, à travers chacune de leurs missions, de ramener de potentiels aspirants destinés à voir grossir leurs rangs.
Les sorceleurs de l’école du Chat sont reconnaissables à leurs armures légères, faites de cuir et de peaux, mais aussi à leur armement atypique, souvent composé de sabres et de nombreux coutelas ou d’autres lames courtes, et à leurs techniques de combat, mêlant des passes chaloupées et des mouvements acrobatiques dans une chorégraphie meurtrière.
Bien que leur grande liberté soit souvent appelée décadence par leurs opposants, les chasseurs de monstres de l’école du Chat défendent leur philosophie à travers la place supposée que devraient occuper les sorceleurs dans cette ère nouvelle. Ses membres pensent en effet que les erreurs des vieilles écoles étaient de ne pas avoir su s’adapter au monde moderne. C’est ainsi qu’ils considèrent que les sorceleurs de l’école du Griffon réitèrent ces erreurs passées en se limitant à des considérations et des prises de position désuètes. De ce fait, les membres de l’école du Chat voient leurs rivaux du Kovir comme d’authentiques reliques du passé promises à l’extinction, un ordre qui ne doit mériter que leur mépris, sinon leur indifférence. Cependant, s’ils doivent en venir aux mains, les sorceleurs de l’école du Chat savent utiliser l’honneur présumé de leur adversaire à leur avantage, n’hésitant pas à faire montre d’autant de fourberie que de cruauté.


Ecole de la Manticore


Outre les écoles du Griffon et du Chat, il existe un troisième bastion qui aurait survécu jusqu’à nos jours. L’école de la Manticore est une confrérie quasi-légendaire qui résiderait aux confins les plus éloignés des étendues désertiques de Korath.
Légendes et voyageurs attestent que cet ordre serait composé exclusivement de femmes parmi les plus redoutables guerrières que la Zerrikanie ait portées. Maîtresses dans l’art des potions, des huiles et des explosifs, ces sorceleuses auraient voué leur vie à défendre les frontières des royaumes civilisés d’une menace innommable et intangible que le Chaos lui-même aurait engendré en des espaces inconnus.
Les témoignages de ces sorceleuses font état de femmes vêtues d’armures légères faites de voiles et de chemises, adaptées au soleil implacable du désert et à ses vents brûlants, tout en étant astucieusement renforcées avec des peaux, du cuir ou des os pour pouvoir endurer les assauts des pires créatures que le monde ait connu.
Si fort peu de choses nous sont parvenues quant à leurs considérations philosophiques, encore plus maigres sont nos connaissances sur leur mode de vie et l’organisation de leur confrérie. Les légendes racontent que leur ordre dispose d’un bastion majestueux et grandiose, aux murailles si hautes qu’elles seraient invisibles depuis la terre ferme et aux enceintes constellés de balistes et de scorpions armés de projectiles titanesques. Haal-Hamut serait l’ultime rempart de l’humanité face aux horreurs insondables de l’est.
D’après les récits, les sorceleuses de l’école de la Manticore seraient des chasseuses de monstres indépendantes et animées par la seule volonté de préserver les civilisations humaines. En cela, ses membres n’acceptent que rarement les contrats. Préférant juger d’elles-mêmes la dangerosité supposée d’une créature monstrueuse, elles se portent seules garantes de la menace réelle dudit monstre. C’est ainsi qu’il existe encore dans ces terres reculées les mythiques Manticores Impériales, monstres de cauchemars devenus aussi rares que dangereux et devenues l’emblème de cette école de sorceleuses pour leur majesté, leur férocité et leur puissance.


Renégats


Loin des écoles de sorceleurs, certains chasseurs de monstres poursuivent leur existence sur la Voie. Qu’ils aient été bannis de leur ordre ou qu’ils aient décidés eux même de suivre leur propre destinée, ces sorceleurs se revendiquent généralement d’une école, que ce soit leur confrérie d’origine ou d’un ordre disparu mais dont le chasseur aurait épousé les coutumes et les idéaux.
Si ces renégats sont bien souvent déconsidérés par leurs pairs et parfois violemment chassés par ces derniers, ils continuent d'exercer leur profession car c’est souvent la dernière chose qui les rattache à ce monde et les préserve de la perdition.
Esseulés et portés par une vision toute personnelle du monde et de leur condition, ces sorceleurs n’en sont pas moins des chasseurs de monstres professionnels et, même s’ils semblent avoir été oubliés par leurs pairs et par l’histoire, ils s’avancent, encore et toujours sur le sinueux sentier de la Voie.
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