Mar 10 Sep - 19:12

Focus on... #1 (feat. encyclopaedia maxima mundi)



Focus On... Jorin10
JORIN PENROD, LE CONQUÉRANT ~ ROI DE CINTRA
« J’ai vu ma destinée, espèce de bâtard, et tu n’étais pas dedans ! »


Personnalité sulfureuse des royaumes du Nord, Jorin Penrod apparaît comme l'un des acteurs incontournables de ce début du XVIe siècle de part ses conquêtes et la portée inextinguibles de ses ambitions démesurées. Élevé sur An Skellig aux côtés de l'austère Magnus Tuirseach, il se revendique, à l'instar de sa lignée, comme le souverain légitime de Cintra face aux prétentions de ses rivaux dynastiques, les Carastiens.

Fin stratège, ses plans habiles lui permettent de se démarquer dans la guerre de Magnus (1505-1506), opposant les clans Tuirseach et an Craite pour le trône de Skellige, ainsi que dans sa conquête de Cintra (1510), qui lui permet de se saisir de la couronne du Royaume aux lions. Profondément influencé par la prophétie d'Ithlinne, qu'il croit en lien avec sa propre destinée, il aspire désormais à grimper sur le plus haut des trônes de ce monde afin de préserver cet ultime des forces du chaos qui le menacent.

« Une chose se termine, une autre commence. »

Rassemblant sa fortune et ses armées de fidèles, Jorin le Conquérant aspire désormais à conquérir le Nilfgaard en profitant du Grand Schisme qui a divisé l'empire. Celui-ci est sujet à une interminable guerre de succession qui a commencé à la mort de l'empereur Menno Calveit en 1436.
Si Jorin est conscient qu'il n'a pas encore les moyens logistiques et militaires pour entreprendre sa croisade personnelle contre le Nilfgaard, il est prêt à tous les sacrifices humains et nécessaires pour mener sa mission à terme. Son opiniâtreté n'est pas sans inquiéter les monarques voisins qui se posent face à un dilemne : faut-il ou non se mettre en travers de son chemin ?

Crédit photo : Jaywong001 

LA YAGA ~ SORCIÈRE DES MARAIS DE PEREPLUT
« Si tu ne finis pas ton assiette, la Yaga va venir te dévorer ! »

La Yaga, la sorcière des marais, ou encore l'ogresse cruelle, est une figure récurrente des contes et du folklore, aussi bien des royaumes du Nord que de certaines provinces de l'Empire. Il est curieux de constater, en effet, que si la Yaga apparaît depuis le XIIIe siècle dans de nombreux livres et légendes de Mettine, Ebbing et Maecht, son nom apparaissait déjà auparavant dans de nombreux récits rapportés des tribus qui peuplaient jadis l'actuel royaume de Kaedwen, peu de siècles avant que ne s'y érige la première école du loup.

Les nombreuses sources décrivant la Yaga nous présentent des informations très contradictoires. Certaines légendes la dépeignent comme une personnalité bienveillante, apportant conseil et fortune à ceux qui répondraient habilement à ses énigmes, tandis que d'autres s'appliquent à la décrire comme un monstre malveillant, fourbe et sanguinaire.

« Tu me donneras ce que tu possèdes déjà et dont tu ignores encore l’existence. »

Les descriptions faites de la Yaga concordent néanmoins sur quelques aspects. Elle serait une sorcière très puissante et très ancienne ; certaines légendes affirment avec démesure que sa présence sur le continent serait antérieure à la conjonction des sphères. Toujours selon ces concordances, elle habiterait une maison surélevée par des pattes de poulet  et présenterait un intérêt inquiétant pour les ravissements d'enfants et l'anthropophagisme.

Crédit photo : Alessandro Poli 
Focus On... Yaga10
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Mar 10 Sep - 19:12

Focus on... #2 (feat. encyclopaedia maxima mundi)







Focus On... France10
Focus On... Sans_t10
FRANCESCA FINDABAIR, LA PÂQUERETTE DES VALLÉES ~ REINE d'AEN CAIRN
«  Va vort a me, Dh’oine. N’aen te a dice’n. »


«  En vérité je vous le dis, il n'existe d'être plus infâme et plus démoniaque en ce bas monde que ne l'est Francesca Findabair, le Fléau d'Aedirn. Cette sorcière elfe, dont le royaume hérétique et non-humain gît sur le tertre de nos camarades d'outre-monts qu'elle a massacrés sans vergogne, n'est rien d'autre que l'incarnation du Mal dans sa forme la plus perfide et la plus malveillante qui soit.

En partisane du chaos, cette engeance a trompé des milliers d'hommes tout au long de sa sinistre existence. [...] Jadis, alors qu'elle n'était qu'une vulgaire acolyte au sein de l'ordre des mages d'antan, elle trahit nos ancêtres en s'acoquinant avec le Nilfgaard et les terroristes scoia'taels contre les Royaumes du Nord. Sa trahison lui permit de s'octroyer la vallée de Dol Blathanna, qui n'est aujourd'hui plus que le repaire de sa décadence et de sa vanité. Quelques années plus tard, elle trempa avec toute une loge de sorcières impies dans un complot terrible visant à assassiner les monarques nordiens, affaiblissant à nouveau le Nord et provoquant pour la seconde fois consécutive une guerre terrible faisant des millions de morts.

[...]

Du haut de son palais, nid de corruption où se côtoient tous les vices les plus indignes de cette terre, la sorcière se rit de nous, elle qui a provoqué maintes guerres, assassiné les âmes honnêtes qui lui offraient naïvement leur confiance, massacré des milliers d'âmes innocentes et conspiré depuis toujours contre le genre humain. Là-bas, à Dol Blathanna, dans les palais de la luxure et de la tromperie, où ses courtisans tournent en rond dans l'espoir d'obtenir ses abjectes faveurs, elle attend le moment propice pour nous anéantir.

[...]

Comment avons-nous pu laisser une telle aberration vivre aussi longtemps, mes frères ? Dans nos querelles stupides et notre inaction pécheresse, nous avons laissé cette horreur répandre son venin et apporter sa corruption sur chaque génération de nos races. Aujourd'hui, alors qu'elle s'est emparée du royaume d'Aedirn après en avoir fait exécuter le suzerain, sa simple existence est devenue une menace pour notre civilisation. [...] Car en vérité je vous le dis, mes frères, voici venir le temps de la Hache et de l’Épée, l'âge de l'Ordre et de la Rétribution, l'ère des Justes ! [...] Et Francesca Findabair, comme Falka la maudite, périra dans les flammes !  »

— dans Célèbres prêches du révérend Martin Rüger, Novigrad, 1505, p. 395-426.
 

Crédit photo : UR-Shaka 

ROYAUME DE DOL ANGRA
« À l'époque, il y avait constamment quelque chose dans l'air. Mon époux méditait sur la manière de séduire une nouvelle dame de la cour ; le maréchal se creusait la cervelle pour trouver le moyen d'entamer une guerre où il aurait pu briller ; le mage s'imaginait qu'il était roi ; les serviteurs n'avaient pas envie de servir ; le fou était triste, renfrogné et affreusement ennuyeux ; les chiens hurlaient leur mélancolie ; quant aux chats, ils dormaient et se contrefichaient des souris qui se promenaient sur la table. Tous attendaient quelque chose. Tous me regardaient par en dessous. Alors, moi... moi, cette fois-là, je leur ai montré. Je leur ai montré à tous de quoi j'étais capable, au point d'en faire trembler les murs et de réveiller les ours des environs dans leurs tanières. Et leurs pensées idiotes se sont toutes envolées en un clin d'oeil. Soudain, ils ont tous compris qui faisait la loi. » — Meve Ire de Lyrie-Rivie

Focus On... Dolang10

«  Si nombre de mes contemporains prennent plaisir à répéter que l’on ne saurait déterminer les anciennes frontières des royaumes jumelés de Lyrie et de Rivie c’est bien plus par souci de lyrisme que par rigueur scientifique.
Il n’y a pas même un siècle encore que la Lyrie & Rivie était alors connue sous cette dénomination qui, quoi qu’un peu vulgaire, affirmait déjà clairement l’identité de ces deux petits états incapables de jouer sur la même échelle géopolitique que leurs ogres de voisins témériens, rédaniens ou encore kaedweniens, et pourtant fermement attachés à leur identité et leur indépendance.
Mais il serait fort vaniteux et bien inexact de prétendre que les frontières de ce royaume, fermement ancré dans les Siècles des Ténèbres, nous soient aujourd’hui inconnus.

[…]

Car si ses souveraines d’alors étaient avisées, pugnaces et dotées de charmes tout à fait remarquables, leur présence était bien plus recherchée sur le plan diplomatique pour s’assurer de l’office de cet état, qui faisait alors tampon entre le Nord et le Sud, que sur une échelle d’ampleur géopolitique. Les forces de ce petit royaume étaient ridicules, ses ressources largement négligeables et malgré quelques coups d’éclat, comme la légendaire Campagne de la Reine Blanche  de 1267 et 1268, la Lyrie & Rivie est restée et resta longtemps une puissance de second plan dans le Nord.
C’est à la suite de la sécession d’Angren de 1419 à 1426 que sont signés deux accords historiques qui propulsèrent dès lors le royaume à l’aigle et aux losange sur les devants de la scène politique continentale : La Paix des Dame de 1225 et les Accords de Beauclair de 1226.
Subtilisant la province d’Angren au nez et à la barbe du décadent Empire du Nilfgaard, l’Alliance des Trois Royaumes naquit et fut baptisé Dol Angra, administré depuis toujours par une puissante lignée de reines dont la sagesse et la finesse n’aurait d’égale que leur infinie beauté.

[...]

Fort de ses conquêtes militaires qui ont animé les dernières langueurs des Siècles des Ténèbres et de ses nouvelles conquêtes, le royaume de Dol Angra se positionne désormais comme un puissance d’importance dans les positions du Saint-Empire rédanien et du Royaume du Kovir. »

— Derrek Uguet, Encyclopédie romantique et amoureuse des terres angraines, Lyrie, 1507, p. 7-25.
 

Crédit photo : CDProjekt 
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Mar 10 Sep - 19:12

Focus on... #3 (feat. encyclopaedia maxima mundi)






Focus On... Erzseb10
ERZSEBELT II SAMBUKID, LE BIEN-AIMÉ ~ ROI DE KAEDWEN
« Bordel de merde, qu’est-ce que vous n’avez pas compris, au juste ?! Je suis le putain de roi ! Et je conduirai ce bon vieux putain de Kaedwen vers une foutue victoire à en faire jouir toutes les putains du Pontar ! Alors, la seule putain de question qui s’pose est la suivante :  vous êtes de mon côté ou pas ?! »


«  Nous retournâmes dans notre atelier où, après laborieuse matinée, nous reçûmes la visite du notable Visberd qui nous annonça de l'arrivée imminente du roy. Les apprentis, sujets à une habituelle paresse au travail et à un perpetuel manque d’enthousiasme dans leur quotidien, se réjouirent avec grande libéralité et, sans que le notable eut fini son annonce, quittèrent immédiatement les lieux pour courir en direction de l'entrée nord. Mon frère et moi, nous convînmes de fermer boutique avant de rejoindre la grand place où nous trouvâmes foule de gens, disséminés ça et là en tumultueuses agitations. Les cloches sonnèrent alors et à leur retentissements graves et lointains s'additionnèrent les cris et les acclamations sourdes du public.  « Vive le roi », scandaient-ils. « Vive Erzsebelt ! » Il était pénible pour nous d'avancer pour ne serait-ce qu’apercevoir le monarque arrivant, tant la masse de personnes présentes sur la place, allant du simple cordonnier au plus vaillant capitaine de notre cité, nous bouchait l'accès et la vue. Alors que tout le monde était pressé par l'idée de saluer le suzerain, nous vîmes un vieil homme se faire occire par de jeunes et irascibles patriotes alors que celui-ci désirait simplement rentrer chez lui plutôt que de suivre la tendance générale.
Après quelques mouvements, nous retrouvâmes Josek qui nous aida à nous frayer un chemin jusqu'à un poste d'observation que lui et d'autres compagnons de beuverie avaient privatisé à l'aide d'épais gourdins. Ils me disaient avoir pris cette habitude depuis qu'avait repris la saison des exécutions non-humaines sur la place, qui coïncidait avec la fête de Velen. De cette espace, nous pûmes observer l'entrée sans trop grande difficulté. Se distinguait alors une importante cohorte de conscrits qui, se déplaçant en colonne, cédait le pas au monarque et à ses courtisans qui avançaient à cheval. Jozek et ses amis semblaient impressionnés par la démonstration qui s'imposait à leurs yeux.   « Dans deux ans, je pourrai m'engager », clamaît-il fièrement pour narguer ses petits camarades. Mon frère, qui avait perdu son fils lors de la guerre de Deux Ans, regarda avec amertume la réaction du jeune homme qu'il gifla d'un signe protecteur. Il savait comme moi que le roy ne venait pas à Ban Gleán par pure courtoisie, comme lorsqu'il en avait l'habitude dans ses jeunes années, mais que sa fracassante entrée était plutôt le signe d'un conflit. C'est sous les acclamations hystériques des patriotes que nous comprenions, lui et moi, d'un silence complice, qu'une guerre était à venir.  
Le roy fit alors son apparition, tout de rouge vêtu, d'humeur massacrante et d'hygiène discutable. Descendant sans attendre de son destrier une fois la grand porte traversée, il alla directement à la rencontre de la foule, saluant tel un roturier, dressant de grossières invectives et salutations à l'égard du tout venant qui, pris de folie, semblait point tenir rigueur au monarque de son attitude provocante et irresponsable mais plutôt l'idolâtrer, comme sous l'effet d'un sortilège. Le roi, alliant rapprochements virils et séduction brutale, défia trois personnes sur son chemin par simple plaisanterie et invita une dizaine de femmes à venir lui présenter leurs honneurs dans la taverne la plus proche par grivoise galanterie sans même prendre en considération le fait que celles-ci soient mariées ou sinon promises à un quelconque Kaedweni. Plus tard, l'on appris que le bourgmestre, très embêté et ennuyé par le comportement du monarque qui avait abandonné son cortège, dut frayer chemin et composer escorte de par la ville pour retrouver sa trace et assurer sa sécurité. Vaine entreprise, en vérité, car ceux qui étaient présents savaient que le roi ne risquait rien puisque dans son ombre se tenait son sinistre mage-conseiller à la barbe grise et au bâton menaçant. L'attitude de ce sorcier austère, au regard attentif et dissuasif, contrastait nettement avec celle d'Erzebelt, jovial et bruyant. »


— dans Journal d'un artisan de Ban Gleán, Collection privée de l'académie d'Oxenfurt, 1510, p. 122-124.


Crédit photo : Akim Kaliberda  


LES JUMEAUX DE WETT
« La providence est un glaive à deux tranchants. L’un d’eux est la Mort. »


De toutes les légendes et les racontars qui entourent la dynastie de Wett, je t’assure, cher lecteur, que j’en ai fais le tri et que je tiens aujourd’hui à ma disposition la plus secrète des affaires d’état qui ait ébranlé notre cher royaume de Témérie. J’ai donc, pour ton bon plaisir, compilé en ces termes la dramatique histoire des jumeaux de Wett, j’ai nommé Léodegar, puisque tout le monde sait qu’il a régné sur notre bon royaume entre 1317 et 1349, et sa sœur Anaïs, que l’Histoire a préféré oublier mais dont je m’en vais, moi, te raconter l’histoire.

Tout d’abord, il me faut te rappeler, cher lecteur, au contexte que traverse la Témérie d’alors. Lorsqu’est signé le Traité de Novigrad en 1275, la Témérie annexe les royaumes voisins de Cidaris, Verden, Brugge et Sodden en échange de sa subordination au Nilfgaard puisque notre aimé royaume devient alors un protectorat impérial. Et au milieu de tout cela, Brokilon. Si les Touts-Noirs ont pendant un temps envoyé des brigades dans la forêt pour s’essayer à la pacification des dryades, ils ont très vite compris que c’était peine perdue. Et le problème, c’est que les mamounes ont prit la mouche. De ce fait, les enlèvement ont redoublé d’importance, allant alors jusqu’à toucher à de grandes famille de notre aristocratie, l’exemple le plus explicite étant la célèbre lettre de doléances d’Edward Kimbolt rédigée à l’attention de notre souverain d’alors en 1286. Moritz Ier aurait, selon mes recherches, fait envoyer ses plus fidèles ambassadeurs jusqu’aux rives du Ruban qui borde Brokilon pour entamer des négociations avec les amazones et c’est à présent, cher lecteur, que la magie prend effet. Selon mes informations, la reine de Brokilon, la légendaire Eithné Oeil-d’Argent, aurait alors accédé à la requête de notre aimé souverain à la condition que, je cite à nouveau mes sources, « ce dernier m’offre ce qu’il ne s’attend pas à trouver chez lui. » Cher lecteur, laisse moi te dire que ce genre de phrase ne doit jamais être prise à la légère ! Car lorsque notre ambassadeur retourna auprès du roi Moritz, ce dernier fut informé de la grossesse de sa femme ! Et celle-ci, non contente de légitimer la demande de la reine de Brokilon, ne se contenta pas d’un bambin, non mais d’une paire de jumeaux ! Car oui, cher lecteur ignorant, en vérité je te le dis : Léodegar avait une sœur, jumelle de surcroît, qui fut alors baptisée Anaïs.

Évidemment, notre roi ne se soumit pas à la requête des mamounes et ne s’abaissa pas à céder à ces sauvages ses deux enfants tant attendus. Mais il dut, devant l’égoïsme de son aristocratie, en tête de file ces charmants messieurs Kimbolt, se résoudre à céder à leur pression et, ployant le genou face aux dryades, se sépara de sa fille qui fut amenée aux abords de Brokilon par une unité secrète de Stries Bleues. L’histoire secrète de la princesse Anaïs de Wett, n’est connue que d’une poignée, que dis-je, de chercheurs de vérité. Mais dès aujourd’hui, toi aussi cher lecteur, tu pourras contempler le réel et t’exclamer haut et fort : « Je le savais ! ». Alors donc, la jeune et belle Anaïs fut élevée par les dryades qui, en plus d’avoir dérobé à la couronne l’un de ses joyaux, lui donna à boire la terrible eau de Brokilon. Une eau si chargée de maléfice que même les infâmes sorceleurs en ont la migraine. Une eau perfide qui transforme la mémoire en songes et la peau en écorce. Pire encore, les mamounes de la forêt poursuivirent les enlèvements visant nos chères et tendres têtes blondes, estimant que notre bon roi, pourtant trompé et abusé, n’avait pas respecté sa part du marché. L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais tu me connais, cher lecteur, je ne suis jamais satisfait avant d’avoir pleinement élucidé le mystère, avant d’avoir trouvé réponse à mes questions. Et une question, en voila une : qu’est-il arrivé à Anaïs ? Eh bien je m’en vais te le dire, cher ami.

Mais tout d’abord, cher lecteur, laisse-moi recentrer le récit sur notre aimé roi Léodegar. Le garçon, puis jeune homme, puis roi à son tour a gardé au fond de son cœur, la cicatrice douloureuse de la perte de sa sœur aimée. Tout son règne durant, il n’aura eu de cesse de chercher à retrouver la princesse Anaïs, multipliant les expéditions dans la forêt de Brokilon, engageant toujours plus d’escarmouches sur les fronts du Ruban contre les horribles dryades, tentant désespérément de libérer sa sœur des griffes d’Eithné. Anaïs, quant à elle, devint l’une des plus fidèles guerrières de Brokilon, l’une des plus mortelles archères de la reine Oeil d’Argent, et combattit aveuglément les armées de son frère, venant pourtant la délivrer.

En vérité, je te le dis, cher lecteur, la providence est un glaive à deux tranchants, dont l’un est la Mort. Car, alors que les conflits faisaient rage, je peux t’assurer, lecteur fidèle, que notre souverain Léodegar périt d’une flèche tirée dans le silence de la nuit alors qu’il s’apprêtait à regagner ses quartiers. Mais ça, tu le sais déjà, je n’en doute point. Ce que tu ignores cependant, c’est que la créature qui a fait ça et qui a bien été retrouvée n’était pas une simple dryade. Elle ne sentait pas le saule car, de toute évidence, elle n’était pas née dryade. Et oui, cher lecteur, ton intuition est juste. Cette dryade n’était autre que la princesse Anaïs de Wett.

Alors cher lecteur, n’as tu point été diverti ? Sache maintenant que l’on te ment. Garde l’oeil vif et les oreilles ouvertes. Guette les signes. Car il est des histoires de ce monde qui ne demandent qu’un peu de ton attention pour se révéler en pleine lumière.

— Edmund de Kerack, La véritable histoire de la famille de Wett. les secrets d’une famille de l’ombre, compilation de pamphlets par Ann Miljat, Wyzima, 1479, p 30 - 33

Crédit photo : Michael Heath
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Mar 10 Sep - 19:13

Focus on... #4 (feat. encyclopaedia maxima mundi)








MAÎTRE PASSERIN ~ BARDE ITINÉRANT
« Je n’ai pas besoin de votre épée. Si seulement vous acceptiez de suivre mon plan, les cordes de mon luth seraient alors beaucoup plus efficaces que tous vos carreaux d’arbalètes. »

Car alors que le jeun' prince
pénétrait en son cœur,
d'un monde de malheurs
il vit nouvelle province.

Saint-empire rédanien,
serais-tu terre des saints,
si seulement les tiens
suçaient un autre sein ?

Et il dût décliner
cette proposition,
juste bonne à faire plier
Les pauvres et les cons.

D'un jeun' prince orphelin
il changea et devint
Parangon de la beauté,
Poète-chevalier.

Que valent vos sermons,
prêches et ablutions
s'il n'est plus aucun' gens
pour prier bêtement ?

Que sont hiérarques,
Prêtres et révérends
si même l'indigent
voguait d'sa propre barque ?

Alors que ce jeun' prince
découvrait bien des mondes
dans l'ombre des bondes
des tonneaux qu'il rince.

Du ciel, il approcha.
Etoiles, il décrocha
du creux de ses reins,
d'un râle cristallin.

Nul besoin d'un autr' feu
pour plaire à mes grands dieux,
déesses et muses
du port aux écluses.

Novigrad parle de moi,
pas du Quatre ou du roi.
Aucun de ces gredins
Ne baise comme Passerin !

— Maître Passerin, Un silence religieux ne vaut pas une prose, recueil de belles lettres, Collection privée de l'académie d'Oxenfurt, 1509, p. 63

Crédit photo : Gellihana-art 
Focus On... Passer10



Rendre Plaisante

En Témérie, il est courant de payer Plaisante, ou de rendre une faveur Plaisante. On dit alors « Je te la rendrais Plaisante » lorsque l'on effectue un échange que l'on compte honorer en monnaie. « Nous pourrions trouver un accord Plaisante » peut ainsi vouloir signifier que la poignée de main suivante se verra accompagnée de sommes sonnantes et trébuchantes. Enfin, on peut « payer Plaisante », c'est à dire payer un sou de plus par rapport au service demandé.
L'expression viendrait de la Plaisante, impôt particulièrement impopulaire de Témérie prononcé par Léodegar en 1324 et toujours en vigueur aujourd'hui, qui taxait les prestations érotiques et sexuelles. Ainsi, pour chacune de ces prestations, le client se devait de se séparer d'un florin supplémentaire pour s'affranchir de la Plaisante. Vivement contesté, cet impôt donnera lieu à des oppositions armées que les historiens appellent aujourd'hui « les Plaisanteries » et qui déboucheront sur la révolte de Cidaris.

— Fernand Bertro, Dictionnaire amoureux de la Langue du Nord, Wyzima, 1489, p. 150
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Lun 30 Sep - 20:22

Focus on... #5 (feat. encyclopaedia maxima mundi)





Focus On... Schism11
LE SCHISME IMPÉRIAL

Cela fait bientôt un siècle que le Nilfgaard est en proie à la division. Du grand empire qui dominait jadis la moitié du monde connu, il ne reste que des conflits, de la colère et de la haine. Certains voient dans cette lutte acharnée qui oppose les prétendants Calveit et Voorhis au trône impérial un signe cruel du destin, annonciateur de la fin des temps et de l’émergence d’un nouvel âge dominé par la folie et le mépris.

D’aucuns accusent la vanité des Nilfgaardiens d’être responsable de ce chaos. D’autres, encore plus superstitieux, y voient les conséquences de la prétendue malédiction lancée jadis par l’agonisant Morvran Voorhis, empereur destitué, à l’encontre de son adversaire, Jan Calveit, et de sa lignée. Or, s’il est vrai que la descendance de ce dernier fit face à de nombreux et inattendus périls qui mirent à mal la grandeur incontestable de l’empire nilfgaardien, c’est la consanguinité de cette dynastie qui fit dégénérer les derniers empereurs légitimes jusqu’à faire sombrer leur civilisation dans une terrible guerre de succession.

[...]

Dominic II Calveit n’était qu’un enfant lorsqu’il fût couronné empereur du Nilfgaard en 1421. Son oncle, le prince de Toussaint, profita de la confiance aveugle que lui accordait le jeune souverain, ainsi que de son évidente faiblesse, pour imposer son autorité sur l’empire en s'illustrant à la tête de l’honni Directoire, une régence qui participa malgré elle à l’effondrement que l’on a connu. [...]
Lorsque Dominic mourut à l'aune de sa majorité, son petit frère, le malformé Menno Calveit, hérita de la couronne impériale jusqu’à ce que la maladie incurable qui l’entravait ne finisse par l’achever. Dès lors, c’en était fini de la lignée directe des Calveit qui gouvernait le Nilfgaard depuis plus d’un siècle. [...]
Leurs nobles cousins qui aspiraient à reprendre la succession n'eurent suffisamment de sagesse ou d'abnégation pour empêcher l'inévitable guerre civile, puis l'impensable scission qui divise aujourd’hui l'empire entre le nord, dominé par les partisans des Voorhis, et le sud, resté fidèle aux derniers rejetons de la dynastie Calveit.

— Sidonus var Jaar, Nilfgaard : les causes de l'effondrement, Vicovare, 1506, p. 4-19.


Crédit photo : Ismail Hassouna
ANAÏS LA SANGLANTE
« Coucou mon mignon, chantonnait la sanglante tout en caressant la lame de son épée. Tu veux goûter à ta première fois ? »


Votre altesse,

Les choses ont avancé depuis mon dernier rapport. J’ai le plaisir de vous informer que le duc Var Attre, qui a traîtreusement conspiré contre votre puissance en faisant ouvrir les portes de Cintra aux envahisseurs du Penrod, est mort, comme vous l’avez exigé.
L’affaire fût délicate car nous savions que sa fille Anaïs et son odieuse troupe de mercenaires étaient présentes au sein de la cité et qu’ils ne reculeraient devant aucun affront pour défendre le duc félon. Conscient du caractère intrépide de la jeune femme et de son habileté notoire à manier le glaive, ce dont elle fit preuve lors de la guerre de Magnus et du massacre de Tigg, notre homme a fait appel aux services d’un sorceleur itinérant de l’école du chat pour se débarrasser d’elle sans plus de complication alors que quelques drôlesses se chargeaient de divertir ses soudards aux différentes entrées du palais.
La mission fût un succès puisque notre homme, profitant de la diversion, parvint à accéder jusqu’aux appartements du duc var Attre et ainsi mettre fin à sa chienne d’existence. Cependant, il s’en est fallu de peu pour qu’il n’échappe au courroux de sa fille, celle-ci étant inexplicablement parvenue à abattre ce scélérat de mutant qui, désarmé après un combat des plus dantesques, avait piteusement oublié ce pourquoi la guerrière se faisait surnommer “la Sanglante”.
Craignant pour ma vie après que celui-ci, implorant bêtement sa clémence avant de perdre la vie, lui ai lâchement craché le nom de ses commanditaires, j’ai couru sans attendre pour réclamer la protection du tyran Penrod et aussi contester les accusations que la Var Attre se verrait formuler à notre encontre à la suite du trépas de son paternel. Mais l’odieux monarque me rit au nez avant de me menacer au mépris des règles les plus élémentaires de la justice et de la diplomatie. La Sanglante, qui arbore d’ores et déjà le médaillon du sorceleur vaincu à sa ceinture en gage de trophée, semble jouir de son affection bien qu’il m’ait laissé une heure pour plier bagages et quitter la capitale cintrasienne avant de la lâcher à mes trousses.

Je vous écris cette lettre alors que je vogue avec ce qu’il reste de mon ambassade en direction du Sud et je pense, votre altesse, être parvenu à semer les troupes rancunières de cette diablesse. Je gage que son excellence sera satisfaite de ce rapport et que, malgré la survie inattendue d’Anaïs var Attre, nous parviendrons assez vite à écourter sa chienne d’existence comme nous l’avons fait avec celle de son père félon.

Hael Ker'zaer,

Votre dévoué, A. a. V.

Rapport diplomatique de l’ambassadeur nilfgaardien Arjen aep Verok

Crédit photo : Dropdeadcoheed
Focus On... Anais10
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