Promenons-nous dans les bois

 :: Baronnie de Flotsam
Mer 9 Déc - 22:44
La passerelle de bois détrempée n’inspirait guère confiance à Aliénor qui se dépêcha de la franchir pour gagner le quai, tirant son cheval par la longe. Malgré la pluie battante, le comptoir de Flotsam était bourdonnant d’activité tandis que les marchandises venant des côtes rédaniennes et témérienes croisaient le produit de la vallée du Pontar. Désormais l’on y croisait même quelques exotiques marchandises venue d’Aen Cairn. Elle guida sa monture au milieu des bateliers, manquant de se faire assommer par le sac de grain que l’un d’eux se jeta sur l’épaule sans faire attention. Elle s’arrêta à l’entrée de la ville le temps de trouver quelques pièces à donner aux mendiants elfes qui ravalaient leur fierté.
Elle traversa la place principale où se dressaient la sinistre potence, inoccupée, et guida son animal vers la principale taverne reconnaissable au brouhaha qui s’échappait de ses fenêtres entrouvertes malgré la pluie. Elle attacha la corde à une rampe, sous le maigre toit de chaume voulant offrir un peu d’abri à la demi-douzaine de bêtes attachées ici. Elle glissa une pièce dans la paume du butor emmitouflé dans son manteau qui surveillaient les animaux, un épais gourdin posé en travers des genoux. En partant elle remarqua un petit chariot tant bien que mal abrité des intempéries.

Elle pénétra à l’intérieur de l’établissement, qui sentait la sueur et la mauvaise bière. Elle accueillit toutefois la sensation de chaleur, la première depuis que la pluie avait commencée des heures auparavant, avec une intense satisfaction qui chassa les menus désagréments. Se débarrassant de sa pelisse de voyage trempée, elle prit le temps d’essorer un peu ses cheveux de l’eau qui avait réussi à s’infiltrer avant de se diriger vers le bar derrière lequel le patron surveillait d’un œil alerte la petite foule occupée à manger ou boire, bien souvent les deux.

« Salutations. J’ai aperçu un chariot dans votre écurie et je me demandais si vous pouviez m’indiquer à qui il appartenait.
- Et pourquoi vous voudriez le savoir ? »

Il avait un regard peu amène sous ses épais sourcils broussailleux tandis qu’il la dévisageait, se demandant sans doute si elle n’était qu’une truand envoyée en ville par quelque bande pour glaner des informations grâce à son joli minois. Elle lui adressa son plus beau sourire :

« Je cherche à remonter vers l’Aedirn et je préfère ne pas voyager seule pour éviter les problèmes. »

Elle ne disait pas toute la vérité puisque, bien plus que l’Aedirn, c’était l’Aen Cairn qui l’attirait comme une flamme attirait un papillon. Elle était curieuse de savoir comme les elfes comptaient réagir à la guerre qui allait se jouer sur le pas de leur porte, pour une fois qu’ils n’étaient ni agresseurs ni agressés dans la région.
Le patron haussa les épaules et lui indiqua d’un geste de la main une table où étaient installé trois hommes aux mines assez patibulaires et qui évoquaient clairement les mercenaires là où elle avait plutôt espéré tomber sur quelques marchands.

« Alors z’avez de la chance, c’est dans cette direction que ces gars là vont. Enfin, de la chance, à vous de voir. »

Elle était elle-même assez dubitative encore mais n’aimait rien moins que de juger les gens sur leur physique. Elle se dirigea donc en direction du trio, occupé à lancer les dés tout en mangeant, et toussota pour attirer leur attention.

« Excusez-moi de vous déranger, on m’as dit que vous vous dirigiez vers l’Aedirn et je cherchais justement d’autres voyageurs avec qui poursuivre ma route. Si vous l’acceptez, peut-être pourrions-nous faire connaissance autour d’une bière. »

Joignant le geste à la parole elle fit signe à une serveuse de leur amener un pichet pour remplir les verres des trois hommes. Elle s’était davantage adressé au plus grand et puissamment bâtis des trois hommes. Certes il était par bien des aspect le plus intimidant du trio mais elle s’était toujours étrangement sentie rassurée par les géants de son genre – sans doute une conséquence de sa propension à puiser le Pouvoir terrestre qui lui donnait la même impression – et surtout elle avait bien remarqué le regard du plus gras du trio qui lui donnait l’impression de la considérer davantage comme un morceau de jambon qu’autre chose et qui s’était posé sur elle bien avant qu’elle ne les interpelle.

« Je m’appelle Aliénor du Braa, et vous ? »

Dit-elle sans laisser transparaître ses sombres pensées et en faisant mine de s’asseoir à leur table.
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Aliénor du Braa
Aliénor du Braa
Aliénor du Braa
Intriguant
Aliénor du Braa
Jeu 10 Déc - 12:00
Pour Côme, Barrique et Lennart, c’était la rengaine ; le voyage se faisait à pied. Nul bateliers, aucun marchands, n’acceptaient ces trois soudards pour une épopée à contre-courant. Depuis des années maintenant le trio allait de bévues en déconvenues. Les périodes de vaches maigre se succédaient avec une trop grande régularité et duraient de plus en plus longtemps, et la perspective de cette guerre était pas des plus réjouissantes.

L’hiver touchait à sa fin, février annonçait le dégel et le début de longues périodes où les pieds pétrifiées par le froid se retrouvaient prisonniers de la boue et de la glaise gorgée d’eau. La route jusqu’à Flotsam était dans cette ambiance maussade. Un calvaire à pousser un chariot d’équipement à la force des bras. D’embourbement en embourbement. Grappillant de misérables kilomètres chaque jour au prix d’une fatigue toujours plus intense et douloureuse. Cet état de fait, cette misère humaine, forçait le trio à brigander pour rapiner de maigres deniers et quelques guignons de pain dur. La faim, le manque de nourriture jetait les brigands, puis les monstres sur les routes, la période entre l’hiver et le printemps était sans doute la pire de l’année. Tout était pratiquement vide et l’Homme montrait son visage le plus cruel dans le but unique de survivre un jour de plus.

L’arrivée à Flotsam était vu comme une sorte d’El Dorado enfin atteint. De simple village portuaire, perdu dans une forêt aussi épaisse qu’antique, sa position autrefois stratégique au confluent des grands royaumes du nord était la prise stratégique de choix et un carrefour commercial incontournable. Loin d’être devenue une cité tentaculaire, cette endroit pouvait s’enorgueillir d’être une petite ville dynamique, pourvu de défenses extrêmement solides compte tenu de sa petitesse en terme de population. En cas de guerre, Flotsam devait certainement avoir pour mandat de verrouiller le Pontar et devenir ainsi l’une des marches de la Rédanie. Le guet local était à l’image de la région et de la météo : mauvais. Des mines patibulaires et suspicieuses qui lorgnaient sur chaque étranger qui osaient pénétrer l’enceinte fortifiée.

Sans attendre, le trio détrempé se dirigeait vers la grande place de la potence et sa pittoresque auberge. L’ambiance était toujours mauvaise, les mines épuisées et rabougries. Néanmoins ils étaient proche, très proche, de L’Aedirn. L’argent manquant, tout comme la douceur, c’était aux dés que les trois misaient lequel d’entre eux allait gagner le gros lot de s’offrir un bain ainsi qu’une nuit dans les bras d’une douce compagne éphémère. C’était Lennart qui avait empoché la mise, heureux comme un pape. Côme, beau joueur et bon perdant, lui tendait ses pièces pour qu’il s’offre un peu de chaleur dans un lit pas trop envahi par les puces. Pour Barrique, ce n’était pas la même. Il pestait tout ce qu’il pouvait et semblait même prêt à accuser ouvertement Lennart de tricherie. Toutefois, toutes les velléités s’éteignaient lorsqu’une jeune femme venait les aborder.

Les six yeux se tournaient vers cette jeune femme. Elle avait l’air de sortir à peine de l’adolescence et était belle comme le zénith de l’existence. Côme notait les détails de cette douce ingénue. Ce grand de beauté, niché sous la commissure des lèvres lui paraissait ravissant, une touche de foncé sur ce faciès si clair. Toutefois, la couleur des cheveux et la douceur des traits avaient, quant à eux, l’effroi de lui retourner l’estomac. Elle ressemble à Elle. Se disait Côme dans ses songes, revoyant Abigaïl et tous les évènements qui avaient conduit à son arrestation. Non. L’Histoire, la grande, celle avec un grand H, était certes un cycle ininterrompu de guerre et de misère. Mais pitié, non, pas la petite. Pas encore. Côme s’en voyait presque à prier Melitele qu’il s’agisse d’un rêve. Mais non, encore une fois.

Elle répondait au doux nom d’Aliénor du Braa, un patronyme si proche de celui d’Abigail de Roggeveen. Deux prénoms en « A », deux particules. Côme préférait détourner le regard quelques instants tant il était pris de nausées, écrasé par le poids de la culpabilité qui le rongeait depuis des années. Chaque jour, il se disait qu’il aurait dû l’accompagner dans les bois. Il l’aurait couvert, il l’aurait protégé et caché ce lourd secret. Il en était persuadé ou du-moins, avec le temps, il avait fini par s’en persuader. Préférant rester de marbre, et muet comme une tombe, Côme replongeait son nez et ses yeux dans le fond  de sa bière. Abattu par le désir de la jouvencelle de les accompagner sur les routes.

"Bien sûr qu’on peut  t'aider ma mie." Disait un Barrique, aussi mielleux qu’une lame assassine. "Installez-vous donc avec nous et discutons. Ainsi l’on désire aller à Aedirn ?" D’un geste rude, il saisissait la main d’Aliénor pour l’inviter à s’asseoir sur le banc à côté, presque collée à lui. Lui faisant profiter de ses effluves masculin et porcin d’homme des routes. "Je me nomme Fritz. Voici Côme et Lennart. Enchanté de te rencontrer." Sa main se posait sur celle d’Aliénor en vue de lui offrir une insultante baise main. Chacun de ses geste était fait avec force et poigne, dans le but d'imposer sa doctrine et son pas de danse. Après tout, pour lui, la Femme avait été faite pour ça à la base.

"Fiche lui la paix, Barrique." Maugréait Lennart, avant de se tourner vers Aliénor. "Vous allez donc vers l’Aedirn, hmm ? Nous aussi. Sauf qu’on fait payer le transit, qu’est-ce que vous offrez pour y arriver en un seul morceau ?"

Laissant Lennart gérer les négociations, Côme préférait se lever pour sortir vers les fosses d’aisances. L’estomac si noué qu’il finissait par rendre tripes et boyaux par-delà une balustrade. Il se frappait la tête casquée d’être aussi émotif et autant prompt aux remords. Il devait se ressaisir et plus que tout absolument tout faire pour empêcher un nouveau malheur arriver.
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Côme
Côme
Côme
Insignifiant
Côme
Lun 28 Déc - 13:20
Sous cette pluie battante se trouvait une chariote abritée sous un large auvent. Une boutique improvisée d’herboristerie proposant de nombreux breuvages aux effets, dit-on, salutaires pour le corps et l’esprit. A l’intérieur se trouvaient deux personnes plongées en pleine discussion.

« Lyssa, si je l’ai vue ? Ouais, en coup de vent. Elle avait l’air pressée et un peu préoccupée… M’enfin, elle est venue me dire qu’elle serait là ce soir, donc, pas de soucis. 
- Et c’est tout ?
- Ouais m’dame. »

Sérieusement ? Lyssa avait eut le temps de transmettre un message à une vague connaissance mais en revanche avertir en personne la principale intéressée, ça, c’était trop compliqué ? Rizka soupira lourdement d’agacement. Ce n’était pas tant la manière mais plutôt ce qui allait autour de ce message. La mage n’était pas idiote, elle ressentait une certaine nervosité depuis quelques jours, ce petit mouvement tendu des cordes vocales de son amie. Il y avait quelque chose d’étrange. Ce n’était pas dans ses habitudes de se montrer distante et mystérieuse, ça c’était plutôt l’affaire de la blondinette. Ca faisait déjà des jours qu’elle évitait soigneusement sa comparse. Dire qu’elles devaient faire route ensemble, c’était loin d’être gagné.

« Merci. » Grinça-t-elle entre ses dents, plissant l’arrête de son nez dans une mimique soucieuse.
« Hey, attends ! Je peux avoir une petite pièce ?
- Quoi, pour ‘ça ?’ Même un unijambiste sourd-muet aurait été plus utile. »

Quel dommage qu’elle ne puisse admirer l’expression à demie-ahurie de son interlocuteur. Au lieu de cela, Rizka laissant son regard voilé se détourner au tintement de cloche retentissant derrière lui. En un instant, la jeune femme se para d’un sourire purement commercial.

« Ce sera tout ? J’ai un rendez-vous après toi. »


***


Tranchant avec l’austérité des lieux, un petit brin de femme à la chevelure ensoleillée pénétra dans la taverne bondée. D’un geste, elle repoussa la lourde capuche qui l’avait protégée de la pluie battante avant de se frayer un chemin jusqu’au comptoir. Le souffle court, elle articula quelques mots au propriétaire.

« Lyssa est arrivée ?
- Non, je ne l’ai pas vue. T’es pas en avance non plus, grouille-toi si tu veux pas que je te remplace.
- Toujours aussi aimable.» Railla-t-elle. « Très bien. Donnes-moi une minute, j’y vais. »

Se débarrassant de sa lourde cape, la jeune femme s’élança au premier étage. Un tour de clé et elle expédia celui-ci à l’intérieur d’une minuscule chambrée avant de saisir le manche de l’instrument déposé à l’entrée. Elle eut pourtant une seconde d’hésitation. Cette mandoline était un cadeau de sa comparse et, bien qu’elle en ait appris les rudiments, elle n’avait encore jamais joué devant un public… Mais ce soir il allait bien falloir animer pour deux.

Redescendant au rez-de-chaussée, Rizka avança à pas feutrés jusqu’à la petite estrade. Mandoline à la main, la jeune femme s’assit sur le tabouret prévu à cet effet. Elle ne fit aucune annonce, pas un bruit. Après tout ne faisait-elle seulement partie du décors. C’est dans cette salle bondée, chahutée par le brouhaha que ses doigts glissèrent avec dextérité. Douce mélodie embaumant l’atmosphère, de fil en aiguille quelques oreilles finirent par trouver de l’intérêt à la petite femme perchée là-haut. C’est là que ses lèvres s’entrouvrirent sur la première note d’un chant léger, ténu mais envoutant.

Douce mélodie:
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Rizka Aldeishan
Rizka Aldeishan
Rizka Aldeishan
Érudit
Rizka Aldeishan
Jeu 14 Jan - 21:16
Aliénor s’assit brusquement sur le banc, presque forcée par le dénommé Fritz, bien qu’elle trouvât que Barrique lui convenait à merveille. Elle supporta toutefois son petit jeu faussement courtois, mais son regard courroucé montrait bien qu’elle n’était absolument pas dupe. Elle commençait déjà à envisager de trouver d’autres gens, mais heureusement celui qui prit la parole était d’une certaine manière bien plus agréable, au moins il n’essayait pas de faire croire qu’il avait à cœur autre chose que l’argent qu’elle pouvait leur donner.

« Bien sûr. »

Elle sortit une bourse – jamais trop pleine pour éviter d’attirer trop de tentation – de sa besace et fouilla dedans avant d’en sortir une pile de pièces koviriennes qu’elle posa sur la table, entre elle et Lennart. Une petite somme mais généreuse pour la simple possibilité de voyager à leurs côtés. Peut-être même trop généreuse si elle devait supporter le regard affamé de Fritz tout le long.

« Puis je ne suis pas totalement inutile, je connais toutes sortes de remèdes et les bases de la médecine, si on devait en avoir besoin pendant le voyage, et si jamais vous aviez quelque utilité d’un scribe public, je peux m’en charger gratuitement tant que vous ne voulez rien de trop fantaisiste. Par contre, au risque de vous décevoir, je suis une cuisinière médiocre. »

Elle avait prononcé cela avec un sourire, comme une blague, mais c’était malheureusement vrai et elle devait souvent compter sur ses compagnon de route pour manger autre chose qu’un brouet fade. L’on ne pouvait pas tout apprendre et malgré le temps qu’elle avait passé à la campagne elle n’avait jamais donné à la cuisine autre chose qu’une attention dictée par ses besoins.

« Et soyons clair : il est hors de question que je réchauffe la couche de quiconque. »

Elle souriait toujours mais le regard et le ton de la voix démentaient toute légèreté dans ses paroles. Elle pouvait travestir bien des choses et s’asseoir sur un certain nombre de confort que ses collègues n’auraient renié pour rien au monde mais sa dignité n’était pas négociable.
Elle leva les yeux vers la petite scène où se produisait une jeune femme singulière. Elle était aussi bien habillée que la plupart des marchands qui passaient par Flotsam, mieux sans doute même. Elle se perdit un peu dans le chant de la jeune barde, fermant les yeux et laissant ses doigts suivre le tempo des notes, avant de revenir à leur affaire en cours.

« Sachez aussi que si je n’ai guère plus d’argent sur moi, je devrais retrouver en Aedirn des connaissances qui pourraient se montrer généreuses si tout s’est bien passé. » une façon peu subtile de les enjoindre à ne pas tenter de l’égorger pour lui voler ses quelques pièces : « Si cela vous convient et parce que j’aime commencer de telles associations sous de bons auspices, permettez-moi de payer le repas de ce soir et de quoi l’arroser. Avec modération toutefois. »

Il n’était pas question qu’elle leur paye de quoi se fendre le crâne en deux et qu’ils soient incapables de prendre la route au matin, elle ne voulait pas traîner à Flotsam si elle pouvait l’éviter. Certes, prendre quelques jours lui aurait certainement permis de refaire quelque peu ses réserves en échange de quelques bons soins, comme elle en avait l’habitude, mais elle préférait atteindre Aen Cairne le plus rapidement possible, elle aurait tout le temps de se préoccuper de ses finances une fois là-bas. D’autant qu’elle ne leur avait pas mentis sur ses connaissances, seulement sur leur l’endroit où elles vivaient. Mais ces baroudeurs avaient l’air d’être le genre à faire taire toutes formes de préjugés à partir du moment où les pièces rebondissaient contre le bois d’une table, elles doutaient donc qu’ils feraient grand cas de la provenance d’une récompense s’ils l’apprenaient au dernier moment.
D’un geste de la main elle attira une serveuse et tandis que celle-ci s’approchait la jeune femme sortit d’autres pièces de sa bourse, qu’elle commença à déposer sur le plateau de l’employée une fois celle-ci à sa hauteur :

« Mes nouveaux amis et moi-même aimerions le plat le plus consistant que vous avez ce soir, ainsi que deux pichets de bon vin pour l’arroser. » La fin d’une chanson lui fit relever la tête et une idée lui traversa l’esprit : « Et si vous pouviez dire à la barde que j’ai beaucoup appréciée sa prestation et que si elle le désire je l’invite à partager notre repas, ça serait très aimable à vous. » finit-elle en déposant quelques pièces de plus dans le plateau et une directement dans la paume de la serveuse. « Merci bien. » conclut-elle avec un sourire chaleureux avant de se retourner vers Lennart tandis que la serveuse s’éloignait.
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Aliénor du Braa
Aliénor du Braa
Aliénor du Braa
Intriguant
Aliénor du Braa
Sam 16 Jan - 8:52
Côme revenait enfin à l’intérieur et à sa table, le teint cireux et les yeux rougi. Il constatait toutefois les énormes moustaches de Lennart étaient légèrement relevée, signe qu’il souriait et semblait satisfait de la brève tractation. "Côme," hélait Lennart, de sa force voix paysanne, "Tu retombes à pic. Not’belle seigneurie Alienor que voici offre le repas et le vin pour ce soir. Bon ses conditions sont dures, surtout pour toi Barrique, mais on s’y accommodera."

Côme hochait simplement la tête, posant un bref regard vers Aliénor. "Et elles sont ?" Questionnait-il dans un grognement. "C’est simple, mon ami ! On ne couche pas avec. Et elle peut servir à pas mal de choses sauf de cuisinière. Autant dire que vous êtes bien gironde mais mauvais à marier." Concluait Lennart dans un rire empli de bonhommie. "Par contre elle sait scribouiller la petiote et ça ce n’est pas rien."

"Si  ce n’est que ça, ça me va." Commentait Côme, tâchant de ne pas croiser le regard de la magicienne, comme craignant un nouvel accès de colique. Toutefois il notait le fait qu'elle savait écrire et possédait un beau parlé. Elle devait être très certainement plus qu'une simple voyageuse et il gardait ses questions pour plus tard.

"Hé bien moi, ça me va pas !" Pestait l’ignoble Barrique, crachant par terre." Fort bien, de toute manière je trouverai des paysannes. D’toute manière t’es trop jolie pour ne pas être louche. Par contre, se qui m’énerve c’est qu’on décide d’aller en Aedirn ! Là où moi j’ai dis qu’il fallait aller en Kaedwen ! J’ai pas spécialement l’envie de me retrouver dans le camp des perdants moi ! L’roitelet c’est qu’un pauvre mec en guenille avec une couronne rouillée. Son royaume il put la merde et c’est de l’autre côté du Pontar qu’on pourra espérer se faire du fric et vivre jusqu’à l’été prochain. Si on va en Aedirn tout se qui nous attend c'est d'nous faire rouler dessus par la cavalerie du gros roi ! "

"On en a déjà discuté, Barrique." Maugréait Côme, en serrant poing pour frapper sur la table. "Les limiers du Gors-Velen sont sous la bannière du Roitelet alors on va du côté du Roitelet. Un point c’est tout."

"Les limiers du Gors-Velen et le capitaine je les emmerdes !" S'emportait Barrique. "Hors de question que je traîne de nouveau avec ce maudit ! "

Le ton était donné dans le trio. Ils étaient trois cabots de basses fosses prêts à s’écharper pour un rien. D’autant plus que Côme revenait à la charge sur son camarade à l’air porcin. "Et la Aliénor, tu t’en approcheras pas. On ne refera pas la même erreur que la dernière fois."

"Allons, allons, Côme, on ne va pas revenir sur ça." Tempérait Lennart, alors que les deux semblaient se lever pour en venir au fer, leurs mains gantées se dirigeaient vers leurs dagues à rouelle pour en finir. "Ta blondinette était une sorcière. Qui sait si d’ici quelques temps elle serait devenue une Quenaude. On a rendu un fier service à la populace en nous en débarrassant. Maintenant vous vous asseyez et vous prenez votre bectance."

Par chance pour la magicienne de Kovir le plat arrivait à point nommé, mettant à mort les velléités de ces rustres. Dans une plat de terre cuite plusieurs quartiers de brochet frémissaient encore. Ces derniers fleuraient bon le vin et le romarin avec en accompagnement un bol de potée de légumes et du pain seigle. La serveuse apportait avec ceci un vin de sauge très sucré et doux au palais, le genre de piège pour quiconque pourrait avoir un levée de coude un peu trop abrupte.

Alors que Barrique allait jeter sa patte vers le plat pour remplir son écuelle, le vieux mercenaire l’en empêchait rudement. "D’abord on remercie Melitele pour le repas. Et on laisse la dame se servir en premier. Mangez à votre guise ma petite. Vous êtes pas bien épaisse et la route sera longue et l’hiver reste même mourant reste rude." Les trois mercenaires récupéraient des petites idoles de leur divinité, restant silencieux quelques instants avant de finalement se servir après Aliénor. A la manière de chiens affamés, les trois mercenaires dévoraient leur pitance avec un appétit féroce. La misère habitant leur ventre le moindre repas chaud avec de la chaire était plus que salutaire. Côme finissait enfin par relever la tête vers Aliénor, grognant des questions aussi simples qu’anodine. "C’est où ça Braa ? Et vous allez voir qui donc en Aedirn ? Vu que Lennart dit que tu sais scribouiller ce sont des gens importants ?"

Les questions de Côme retenaient l’attention de Lennart, curieux comme toute personne travaillant les champs et ayant grandi dans un petit patelin. Barrique, lui, signait son fait au plat et enchaînait le remplissage et vidage d’écuelle avec une rapidité de gargantua.
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